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24/02/2007 14:35 Message de bienvenue 0 commentaire
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24/02/2007 16:03 INTRODUCTION GENERALE 0 commentaire
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1 Situation géographiqueLe Maroc est un État d’Afrique du Nord limité au nord par l’océan Atlantique, le détroit de Gibraltar (15 kilomètres) et la Méditerranée, à l’est et au sud par l’Algérie et au sud-ouest par la Mauritanie (voir la carte détaillée). Le Maroc est donc situé à l’extrême nord-ouest de l’Afrique, juste en face de l’Europe, dont il n’est séparé que par les 17 km du détroit de Gibraltar. Le Maroc fait partie des États du Maghreb dont c'est le pays le plus occidental. Avec ses 706 550 km² (avec le Sahara occidental, dont 264 000 km² pour les provinces sahariennes), le Maroc est le plus grand pays de la région après l'Algérie; il atteint, par exemple, le double de la superficie de l'Allemagne réunifiée. Le Maroc est découpé en wilayas, provinces et préfectures. Le royaume du Maroc comprend 16 «régions administratives» divisées en 17 wilayas, ces dernières sont subdivisées en 71 provinces et préfectures (sans compter les 1547 communes urbaines et rurales): Les régions administratives
Afin de résoudre le problème lié au développement disproportionné des grandes villes, l'État a, au début des années quatre-vingt, subdivisé l'espace urbain en plusieurs provinces dont la coordination administrative est assurée par la wilaya, alors que la représentation de la population est assurée par la Communauté urbaine. La formule de la wilaya a été appliquée à Casablanca en 1982 avant d'être étendue aux grandes villes du pays au cours des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix ( Rabat-Salé, Fès, Meknès, Marrakech, Oujda,Tétouan, Agadir et Laayoune). Le Maroc qui ne comptait que 17 provinces en 1959 en compte aujourd'hui 71 et 17 wilayas; le Sahara occidental est désormais intégré au découpage administratif du territoire national. Cela étant dit, le Maroc compte quatre régions géographiques naturelles: les montagnes du Rif au nord-est, la côte atlantique à l'ouest avec ses villes importantes (Agadir, Essaouira, Safi, Casablanca, Rabat, Tanger, etc.), à l'est les montagnes du Moyen-Atlas et du Haut-Atlas, ainsi que au sud-ouest les terres sahariennes (voir la carte détaillée). Le Maroc a été nommé par les géographes arabes al-maghreb al-aqsâ, c'est-à-dire «le pays de l'extrême couchant», puis Al Mamlakah al Maghribiyah («royaume du Maroc»). 2 Données démolinguistiquesLe pays comptait 29,1 millions d'habitants en 2000. Des trois principaux pays du Maghreb, le Maroc est celui qui présente la situation linguistique la plus complexe: l'arabe classique et l'arabe moderne pour les plus instruits, l'arabe dialectal ou arabe marocain pour quasiment toute la population, le berbère, appelé amazighe (le rifain dans le Rif, le tamazight dans le Moyen-Atlas, le tachelhit dans le Souss), pour environ 40 % des Marocains, le français pour ceux qui fréquentent les écoles, l'espagnol pour une faible partie de la population du Nord, et l'anglais qui tend à s'imposer en tant que véhicule de la modernité. La Constitution du Maroc ne fait aucune mention de ces langues, sauf pour l'arabe (dans le Préambule). La répartition de cette population est très inégale au Maroc: 90 % des habitants vivent dans le nord du pays. La capitale, Rabat (1,5 million d'habitants en 1997), se classe derrière l'agglomération de Casablanca (3,2 millions d'habitants), mais devant Fès (719 000 habitants), Marrakech (644 000 habitants), Meknès (484 000 habitants), Tétouan (484 000 habitants), Agadir (420 000 habitants) et Tanger (410 000 habitants). Les musulmans (98,7 %), principalement sunnites, constituent la quasi-totalité de la population. 2.1 L'arabe La langue arabe s'est introduite au Maroc au VIIe siècle, notamment dans la partie nord-ouest du pays. L'arabe s'est implanté encore davantage auprès des populations berbères à la suite de la fondation de la ville de Fès par Idris II en 808. À partir du 1118, le Maroc vit arriver un flux massif de tribus hilaliennes qui arabisèrent profondément la population locale. Puis, suite à la Reconquista espagnole du XVe siècle, le pays reçut des centaines de milliers d'Andalous arabophones qui s'installèrent dans des centres urbains comme Rabat, Fès, Salé et Tétouan. C'est alors que le processus d'arabisation s'amplifia et atteignit tout le nord du pays. On estime que 65 % de la population actuelle du Maroc parle l'arabe comme langue maternelle. Mais le Maroc, à l'instar des autres pays arabophones, compte deux types d'arabe: l'arabe classique et l'arabe dialectal.
Quant à l'arabe classique, il n'est la langue maternelle d'aucun Marocain et il n'est pas utilisé comme véhicule spontané de communication, pas plus au Maroc que dans tout autre pays arabe. L'arabe classique demeure pour tout arabophone la langue de la prédication islamique et de l'enseignement religieux (la langue du Coran), puis celle de la langue écrite en concurrence surtout avec le français. Mais c'est également la référence et l'outil symbolique de l'identité arabo-musulmane. Aux yeux des nationalistes, l'arabe classique représente le moyen de lutte contre l'oppression linguistique exercée par l'Occident à travers ses langues, que ce soit le français, l'espagnol ou l'anglais. Qu'il soit dialectal ou classique, l'arabe fait partie de la famille des langues chamito-sémitiques (ou afro-asiatiques). 2.2 Le berbère (amazighe) Si les arabophones parlent diverses variétés dialectales, les berbérophones utilisent également une grande variété de dialectes et de parlers régionaux. Il ne faut pas oublier que les berbérophones sont présents dans une dizaine de pays couvrant près de cinq millions de kilomètres carrés et compte près de 20 millions de locuteurs (voir la carte linguistique berbérophone). Au Maroc, les berbérophones comptent pour au moins 40 % de la population et constituent le minorité linguistique la plus importante du pays. Ils parlent principalement le tachelhit (2,3 millions), le tamazight (1,9 million), le tarifit (1,5 million) ou le ghomara (50 000), mais il existe beaucoup d'autres variétés ne comptant qu'un nombre restreint de locuteurs. De façon habituelle, on distingue les variétés suivantes:
Il est possible de consulter une carte linguistique permettant de nous donner une certaine idée de la répartition des langues berbères au Maroc, en cliquant ICI, s.v.p. Cependant, il convient de préciser que la berbérophonie au Maroc, contrairement à celle de l'Algérie, n'est pas aussi clairement territorialisée que cette carte le laisse supposer. En réalité, il existe des arabophones partout, y compris dans les aires berbérophones, notamment tout autour de ces zones où les langues sont davantage mélangées. Par ailleurs, dans toutes les grandes villes du pays, on compte de très nombreux berbérophones, que ce soit Rabat, Tanger, Casablanca, Marrakech, Fès, etc. Quoi qu'il en soit, il s'agit dans tous les cas, comme l'arabe, de langues chamito-sémitiques (ou afro-asiatiques). Tous les Marocains écrivent soit en arabe classique soit en français. On n’écrit pas en arabe dialectal ni généralement en berbère qui possède néanmoins une écriture: l'alphabet tifinaghe. Au Maroc, la langue berbère est appelée amazigh dans la mesure où on parle du «berbère standardisé». En ce cas, on ne fait plus la distinction entre le rifain, le tamazight ou le tachelhit. En français, le mot berbère est dérivé du grec barbaroi et retenu par les Romains dans barbarus, puis récupéré par les Arabes en barbar et enfin par les Français avec berbère. Étymologiquement, ce terme désigne avant tout les «gens dont on ne comprend pas la langue», c'est-à-dire les étrangers. Autrement dit, le mot berbère avait une signification bien négative, puis par extension le mot a même signifié «sauvage» ou «non civilisé». Avec le temps, le mot berbère a fini par perdre son sens péjoratif pour désigner les Amazighes. Pour les linguistes francophones, le mot berbère renvoie à un groupe linguistique parmi les langues chamito-sémitiques. Quant aux Berbères, ils préfèrent se désigner eux-mêmes par le terme amazighe, ce qui signifie «homme noble» ou «homme libre». La terminologie officielle du gouvernement marocain utilise aussi le terme amazighe (ou amazigh). 2.3 Le français Depuis la signature du traité de Fès, le 30 mars 1912 jusqu'à la proclamation de l'indépendance le 2 mars 1956, le français était la langue officielle du régime du protectorat et de ses institutions. Même après cette date, le français a conservé un rôle privilégié en tant que première langue étrangère — langue seconde généralisée — du Maroc. Les dirigeants marocains ont pourtant entamé une ambitieuse politique d'arabisation qui s'est poursuivie avec effort jusque vers 1976, avant de connaître un certain essoufflement. Aujourd’hui, un certain pragmatisme semble avoir pris la relève, qui a fait place à la «cohabitation linguistique». Le Maroc compte encore quelque 80 000 Français et 20 000 Espagnols. Il y a aussi un certain nombre de Marocains qui ont perdu leur langue arabe marocain: ce sont ceux qui ont émigré en France et qui sont revenus après plusieurs années. Le français est la seule langue au Maroc, qui puisse prétendre d'être à la fois lue, écrite et parlée, tout en étant la langue de toutes les promotions sociales et économiques. La langue française a gardé des positions importantes dans l'éducation, la politique, l'Administration et les médias, ce qui n'est pas rien, il va sans dire. Il ne faut pas oublier que la France est demeurée le principal partenaire économique du Maroc, voire le premier client, le premier investisseur, et le premier formateur de cadres marocains à l'étranger. De son côté, le Maroc participe aux Sommets de la Francophonie et adhère à l'Agence universitaire francophone (AUF), à l'Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF), ainsi qu'à divers autres organismes internationaux francophones. Cela étant dit, le français n'est pas connu par tous les Marocains. Pour parler et lire le français, il faut avoir fréquenté l'école jusqu'à la fin du secondaire. Comme près de 50 % des enfants marocains ne terminent pas leur secondaire, il arrive qu'ils oublient ensuite le peu de français qu'ils ont appris. Bref, le français est connu et utilisé par tous ceux qui ont fait des études universitaires, qui tiennent des commerces importants, qui font des affaires, qui jouent un rôle primordial dans la vie culturelle de la nation ou qui sont en contact régulier avec les touristes. Beaucoup de Marocains peu instruits ne parlent donc que l'arabe dialectal. 2.4 L'espagnol et l'anglais L'espagnol est présent sur le territoire marocain depuis la chute de Grenade en 1492 et ensuite l'arrivée des Maures et des Juifs chassés d'Espagne. Cette langue est devenue plus «populaire» à la suite de la colonisation espagnole à la fin du XIXe siècle, surtout dans le Sahara occidental. La conférence d'Algésiras (1906), qui entérinait l'intervention des puissances occidentales au Maroc, reconnut à l'Espagne et à la France des droits particuliers. En dépit de l'opposition de l'Allemagne, le traité de protectorat, finalement imposé au sultan du Maroc, fut signé à Fès le 30 mars 1912. Mais, en novembre 1912, la convention de Madrid plaçait le nord du pays (Sahara occidental) sous protectorat espagnol. Après l'indépendance du Maroc en 1956, la récupération du Rif au nord, d'Ifni et du Sahara occidental en 1975, l'espagnol perdit beaucoup de sa vitalité. Aujourd'hui, l'espagnol n'a gardé qu'une faible position dans des centres comme Tanger, Tétouan, Nador. Par contre, le Sud demeure encore très influencé par l'espagnol qui est enseigné au secondaire et à l'université en tant que langue étrangère. Dans de nombreux cas, l'espagnol prévaut sur le français dans le Sud. Pour ce qui est de la langue anglaise, il faut reconnaître que sa position reste encore faible sur le «marché linguistique» marocain, mais sa force augmente lentement et sûrement en raison de son statut au plan international. L'intelligentsia marocaine, formée à l'école anglo-américaine, estime que le français n'a pas le monopole de la modernité. L'anglais pénètre dans des champs traditionnellement tenus par le français, comme l'éducation, la recherche et les médias. Certains croient qu'il faudrait que le Maroc passe de la francophonie à la francophilie et à l'anglophonie, mais c'est sans compter sur la force d'inertie, et les ressources limitées en matière d'éducation (en personnel et en financement). 3 Données historiquesLes vestiges paléolithiques révèlent que la région est habitée depuis environ 10 000 ans. On sait aussi les populations qui s’installèrent peu après étaient probablement originaires de l’Europe et de l’Asie. Elles donnèrent naissance aux ancêtres des Berbères. On sait peu de choses de la langue de ces peuples, appelée «libyque», d'autant plus que leur écriture semble encore quasi indéchiffrable tout en présentant des similitudes avec le tifinagh des Touareg. Dans la première moitié du XIIe siècle, une autre dynastie, celle des Almohades (de l’arabe al-muwahhidun, les «unitaires»), marqua le triomphe des Berbères sédentaires de l’Anti-Atlas. À l’apogée de leur puissance, les Almohades exercèrent leur autorité sur l’actuelle Algérie, la Tunisie, la Libye, ainsi que sur une partie du Portugal et de l’Espagne (voir la carte détaillée). Le Maghreb musulman en profita pour se libérer également de la tutelle de l’Orient. Mais en 1212, les forces musulmanes furent vaincus sur le sol de l'Espagne lors de la bataille de Las Navas de Tolosa. Ce fut le déclin des Almohades et de l’Espagne musulmane. C'est alors que les Beni Merin (ou Mérinides), des Berbères arabisés, en profitèrent pour se soulever. En 1269, ils prirent le pouvoir et fixèrent leur capitale à Fès. Ils ne ne réussirent pas à maintenir longtemps leur empire, car ils durent faire face à l’avancée chrétiens, la Reconquista («reconquête») espagnole gagnant le territoire marocain lui-même. Par la suite, les Espagnols et les Portugais se partagèrent les côtes de l'Afrique du Nord: l'Espagne s'appropria les rivages méditerranéens, tandis que le Portugal s'empara du littoral atlantique. Au cours de cette période, les populations berbères s'étaient certes islamisés, mais ils ont toujours su conserver leurs langues. Toutefois, l'occupation française, renforcée par l'arrivée massive de colons, provoqua de nombreuses révoltes nationalistes dont la plus importante, la guerre du Rif, dirigée par Abd el-Krim, se poursuivit de 1921 à 1926. Elle ne put être matée que par une alliance militaire franco-espagnole dirigée par le maréchal Pétain, à la tête d’une force de près de 100 000 hommes; le Haut-Atlas ne fut soumis officiellement qu’en 1934. La vallée du Draa et les oasis du Sud restèrent encore longtemps en état de dissidence. On estime qu’entre 1921 et 1934 la conquête du Maroc coûta la vie de 27 000 hommes à la France (métropolitains et troupes africaines). Mais les Arabes, ainsi que les fonctionnaires coloniaux, crurent que si les Berbères pouvaient être préservés de toute influence arabe, et musulmane, il serait possible d’en faire des «Français» par le canal des juridictions françaises, des écoles françaises et de la religion chrétienne! Paul Marty, un officier français, exprima clairement et officiellement, en 1925, ce que devrait être la politique berbère du Protectorat. Pour lui, l'assimilation des Berbères n'était possible que grâce aux écoles franco-berbères, dont il définit ainsi la forme et la fonction:
Pour ce faire, il aurait fallu que les Berbères manifestent la volonté d'opter pour la «nationalité française», une attitude peu probable de leur part. Une autre difficulté résidait dans le fait que la France puisse accepter d'accorder aux Marocains la nationalité française et d'en faire des citoyens à part entière, ce qui n'était guère dans les intentions de la France, du moins à cette époque. Ce dahir de 1830 entraîna la première réaction nationaliste des milieux arabisés, qui accusèrent la France de vouloir diviser le pays au profit des Berbères pour mieux assurer son autorité. C’est d’ailleurs à la même époque que se constitua le Comité d’action marocaine, le premier parti politique réclamant la fin de l’administration directe. Or, la France voulait d’une manière ou d’une autre s’immiscer dans les affaires religieuses des Marocains. Ce dahir de mai 1930 n'était qu'un dahir comme les autres, mais les milieux nationalistes arabes ne l'ont pas perçu ainsi. Rappelons que le Maroc, au temps du protectorat, abritait plus d'un demi million de Français, qui y détenaient les leviers de commande et dominaient le secteur économique; on peut mesurer l'importance de ce dahir ou décret pour pour eux. On peut penser que les Français habitant le Maroc préféraient recourir aux tribunaux de juridiction française pour défendre leurs intérêts. Fort peu de Marocains ont dû se prévaloir de ces tribunaux dits «modernes» pour faire valoir leur droit, et ce, d'autant plus que tous, tant les Arabes que les Berbères, s'opposaient à l'application du code pénal français. Les Berbères préféraient, par exemple, cacher les membres de leur famille dans les montagnes, les armer d'un fusil et les approvisionner, plutôt que de les faire arrêter par la gendarmerie française. Le nombre des maquisards, appelés «bandits d'honneur» a été estimé à 1300 individus à la veille de la guerre de l'indépendance. Groupés en unités paramilitaires, ils n'attendaient généralement qu'un signe pour entrer en rébellion contre les autorités françaises. Le roi Hassan II, monté sur le trône en 1961, promulgua en 1962 une nouvelle constitution établissant un parlement à deux chambres. Il entérina la politique d'arabisation de l'enseignement et de l'Administration, politique commencée dès 1957, alors que le français avait été déclaré «langue étrangère». Le Conseil supérieur de l'Éducation nationale avait exigé que l'arabe soit la seule langue d'enseignement. En réalité, l'arabisation s'inscrivait dans une logique de décolonisation par un processus de légitimation et de défense de l'arabe. Comme dans les autres pays arabophones, l'arabe préconisé était celui du Coran, pas celui du peuple. L'arabité et l'islamité formèrent les piliers d'une réappropriation identitaire. Finalement, le choix de l'arabe classique comme langue officielle eut pour effet d'évacuer en même temps le français en tant que symbole du colonialisme et le berbère perçu comme un symbole de division de la société marocaine. Puis le régime de Hassan II demeura autoritaire. En juin 1965, après des émeutes populaires sévèrement réprimées, le roi suspendit le Parlement et assuma les pleins pouvoirs, occupant également la fonction de premier ministre. Le roi échappa à deux attentats (le 10 juillet 1970 et le 16 août 1972). Hassan II fut l'instigateur de la «Marche verte» sur le Sahara espagnol (6-9 novembre 1975), qu'il annexa peu après. Le roi Hassan II soutint la cause arabe en 1967 lors de la guerre contre Israël et s’employa à consolider l’unité arabe, en fondant le comité Al-Quds (nom arabe de «Jérusalem») en faveur du retour de la Ville sainte à l’islam, tout en nouant des relations discrètes avec les Israéliens. En 1970, un nouveau référendum constitutionnel renforça les pouvoirs de l’exécutif. Pourtant, en 1971, à Skirat, et en 1972, au cours d’un voyage aérien, Hassan II échappa à deux attentats, dont le dernier avait été fomenté par le général Oufkir, qui fut exécuté. Face au malaise social et aux critiques nationales et internationales concernant les violations des droits de l’Homme, Hassan II multiplia les offres d’ouverture vers l’opposition. Durant la plus grande partie de son règne, Hassan II ignora la question berbère (amazighe) et réprima sévèrement les militants pro-berbères. En 1979, un projet de création d'un Institut national d'études et de recherches amazighes fut officiellement évoqué, mais il n'a jamais vu le jour.
Destinés à calmer les esprits, ces propos, perçus par tous comme une véritable promesse, constituèrent une amorce vers la reconnaissance de la langue amazighe. Cependant, les termes employés demeuraient vagues et les échéances relativement à son enseignement, encore plus imprécises. C'est pourquoi ce discours royal ne se traduisit par aucune application immédiate en matière d'enseignement. En 1996, le roi désigna son fils aîné, le prince héritier Sidi Mohammed, comme son successeur au trône. Miné par la maladie, le souverain s'attacha à régler la question des «disparus», qui jetait une ombre sur son règne. Le décès d'Hassan II survint le 23 juillet 1999. Sidi Mohammed, âgé de 36 ans, monta sur le trône sous le nom de Mohammed VI. Peu de temps après son intronisation, le nouveau roi s'adressa à son pays par la télévision, et promit de s'occuper de la pauvreté, de la corruption, de créer plus d'emplois et d'améliorer les droits de l'homme. Mohammed VI est généralement opposé aux conservateurs islamistes et son soutien au pluralisme politique lui a mis à dos les fondamentalistes. Quant à la question berbère, Mohammed VI a, en cinq ans, fait davantage avancer la cause qu'en trente-huit ans de règne de Hassan II. Le manifeste amazigh, qui a lancé en 2000 la renaissance du mouvement, replace l'identité marocaine, arbitrairement définie jusque là comme «arabe». Dans un discours où il annonçait la création de l'Institut royal de la culture amazighe, Mohammed VI a évoqué «notre identité amazighe et arabe», ce qui correspond à un langage d'ouverture manifeste. Afin de consolider l’état de droit, le roi a élargi l’espace des libertés, comme en témoignent la réforme et l’actualisation du Code des libertés publiques, relativement à la création des associations, aux rassemblements publics et à la presse. De plus, lancé à titre expérimental dans 317 écoles du royaume, l'enseignement du tamazight devrait être généralisé d'ici 2013, selon les projections du ministère de l'Éducation, qui a lancé une vaste campagne de formation de plus d'un millier d'enseignants berbérophones. Ainsi, l'identité berbère semble sur la voie de la reconnaissance officielle à la suite des efforts d'un puissant réseau associatif militant pour «la réhabilitation historique de la berbérité du Maroc et la reconnaissance du tamazight comme langue officielle». 4 La politique d’arabisationAu lendemain de l’indépendance, les dirigeants marocains ont commencé une ambitieuse politique d’arabisation qui devait progressivement remplacer le français par l’arabe classique. Tout a commencé en 1961 lorsque le gouvernement a tenté d’arabiser l’enseignement. En 1980, l’arabisation état complétée pour les quatre premières années du primaire. L’arabisation comptait entre 30 % à 50 % au secondaire. Par la suite, le gouvernement tenta d’arabiser la fonction publique mais sans succès, les fonctionnaires résistant farouchement à leurs privilèges; le gouvernement dut capituler. Quant à l’environnement, c’est-à-dire le situations véhiculées par les médias, la signalisation routière, l’affichage, l’étiquetage, etc., le Maroc entreprit une arabisation en douceur qui se solda par un demi-échec. Au Maroc, l’affichage est resté français, sauf pour les édifices gouvernementaux qui sont devenus bilingues. À première vue, le Maroc ne semble pas avoir cru bon de proclamer dans un article particulier de sa constitution que l’arabe était la langue officielle du pays. Pourtant, cette proclamation existe dès la première phrase du Préambule de la Constitution de 1996:
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09/03/2007 15:59 GÉOGRAPHIE DU MAROC 0 commentaire
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Royaume du Maroc 

